Voulons-nous mourir ? | Grain de philo #19

 

Voici la vidéo « FAQ » qui développe et répond aux principales objections à celle-ci.

 

Le site de LEAF (Life Extension Advocacy Foundation), crowdfunding pour soutenir la recherche sur l’extension de la vie.

LongLongLife : un site très bien fait avec des articles et des liens vers l’actualité de la recherche sur le vieillissement, et c’est en français en plus !

Les excellentes vidéos de Kurzgesagt. « How to cure aging » et « Why Age ». Et celle de CGP Grey « Why Die ».

Discussion sur la vidéo de CGP Grey dans le podcast Axiome avec Lê.

Dans Axiome toujours, discussion autour de la fable du Dragon-Tyran de Nick Bostrom qui aborde de façon imagée le problème de la lutte contre la sénescence.

La vidéo d’Asclepios (ft. Passé Sauvage) sur les maladies de nos ancêtres.

La vidéo de Primum Non Nocere sur les maladies dont les vaccins nous protègent (excellente mais à ne pas regarder en mangeant…).

 

Par ailleurs, sur le sujet de l’extension de la vie, vous pouvez écouter Miroslav Radman dans ces deux émissions de radio (la première ici, et la seconde là) ou lire son livre.

 

Le vieillissement est-il une maladie ?

Voici quelques éléments bibliographiques pour ceux qui voudraient approfondir ce point qui est au coeur de la vidéo : le vieillissement est-il une maladie ? Y a-t-il un sens à « vieillir en bonne santé » ?

La première difficulté tient à ce qu’il n’existe pas de définition consensuelle de ce qu’est la santé ni la maladie. Pour en savoir plus sur ce point :

Giroux, E, 2010, Après Canguilhem : définir la santé et la maladie, Paris : Presses Universitaires de France.

9782711624478FS.gifGiroux, E., & Lemoine, M., 2012, Santé, maladie, pathologie, Paris : Vrin.

Avec notamment des versions traduites de :

Boorse, C., 1977, « Le concept théorique de santé »

Wakefield, J. C., 1992, « Le concept de trouble mental. A la frontière entre faits biologiques et valeurs sociales »

Nesse, R. M., 2001, « A propos de la difficulté de définir la maladie. Une perspective darwinienne »

Engelhardt, H. T., 1975, « Les concepts de santé et de maladie »

Nordenfelt, L., 2000, « Action, capacité et santé »

Sur la question plus précise de savoir si l’on peut considérer le vieillissement comme une maladie :

Caplan, A. L., 1981, “The unnaturalness of aging: a sickness unto death?,” in A. L. Caplan, H. T. Engelhardt, and J. McCartney (eds.), Concepts of Health and Disease: Interdisciplinary perspectives, Addison-Wesley, Reading, Massachusetts, pp. 31—45.

Caplan, A.L, 2004,“The ‘‘Unnaturalness’’ of Ageing—Give MeReason to Live!”In Health, disease and illness: Concepts inmedicine, ed. A.L. Caplan, J.J. McCartney, and D.A. Sisti,117–127. Washington: Georgetown University Press.

Cassell, E., 1972, “Is aging a disease?”,Hastings Center Report 2 (2):4-6 (1972)

De Winter, G., 2015, “Aging as Disease”, Med Health Care and Philos, 18:237–243

Gems, D., 2011,“Ageing: To treat, or not to treat,”American Scientist,99: 278–280.

Izaks, G.J. &Westendorp, R.G.J., 2003, “Ill or just old? Towards aconceptual framework of the relation between ageing and disease,”BMC Geriatrics, 3(7),

Jin, K., 2010,“Modern biological theories of ageing,” Ageing Disease1(2): 72–74.

Murphy, T. F., 1986, “A cure for aging?,” The Journal of Medicine and Philosophy 11 (1986), 237-255, D. Reidel Publishing Company.

Nieuwenhuis-Mark, R.E, 2011, “Healthy ageing as disease?”, Frontiers in Ageing Neuroscience 3(3): 1.

Merci à Juliette pour cette bibliographie. Si vous aimez la philosophie des sciences et plus particulièrement la philosophie de la médecine, vous pouvez regarder ses « Vlog thèses » sur YouTube : c’est le tout début (de ses vlogs, pas de sa thèse ^^) et c’est déjà chouette !

 

Les Stoïciens et l’acceptation de la mort

Parmi les philosophies de l’Antiquité, le stoïcisme offre sans doute le meilleur exemple de sagesse d’acceptation de la mort. On peut lire par exemple cette pensée chez Marc Aurèle :

514iLLlaiGL._SX302_BO1,204,203,200_.jpg« Ne méprise pas la mort, mais fais lui bon accueil, comme étant une des choses voulues par la nature. Ce que sont en effet la jeunesse, la vieillesse, la croissance, la maturité, l’apparition des dents, de la barbe et des cheveux blancs, la fécondation, la grossesse, l’enfantement et toutes les autres activités naturelles qu’amènent les saisons de ta vie, telle est aussi ta propre dissolution. Il est donc d’un homme réfléchi de ne pas, en face de la mort, se comporter avec hostilité, véhémence et dédain, mais de l’attendre comme une action naturelle. »

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre IX, III

Cela peut ressembler à un simple appel à la nature (en gros « la mort est naturelle, donc ça va »), mais il faut noter que dans le cadre de pensée stoïcien, la notion de ce qui convient à la nature joue un rôle fondamental, donc ce n’est pas si sophistique (mais cela suppose un cadre de pensée très différent).

Le texte stoïcien le plus classique sur le thème de l’acceptation de la mort est certainement De la brièveté de la vie de Sénèque. Son idée centrale est que la vie ne nous paraît brève que parce que nous employons mal notre temps ; si nous l’utilisions à meilleur escient (typiquement à faire de la philosophie…) elle nous serait bien assez longue :

Chapitre I-II

de-brevitate-vitae-sur-la-brievete-de-la-vie.jpg« La plupart des mortels, Paulinus, se plaignent de l’injuste rigueur de la nature, de ce que nous naissons pour une vie si courte, de ce que la mesure de temps qui nous est donnée fuit avec tant de vitesse, tant de rapidité, qu’à l’exception d’un très-petit nombre, la vie délaisse le reste des hommes, au moment où ils s’apprêtaient à vivre. (…)
Nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue ; elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s’est écoulée dans les plaisirs et dans l’indolence, sans que rien d’utile en ait marqué l’emploi, le dernier, l’inévitable moment vient enfin nous presser : et cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous sentons qu’elle, est passée.
Voilà la vérité : nous n’avons point reçu une vie courte, c’est nous qui l’avons rendue telle : nous ne sommes pas indigents, mais prodigues. D’immenses, de royales richesses, échues à un maître vicieux, sont dissipées en un instant, tandis qu’une fortune modique, confiée à un gardien économe s’accroît par l’usage qu’il en fait : ainsi notre vie a beaucoup d’étendue pour qui sait en disposer sagement.

Pourquoi ces plaintes contre la nature ? elle s’est montrée si bienveillante ! pour qui sait l’employer, la vie est assez longue. »

Rubens-Pieter-Paul-1577-1640-Mort-de-Seneque.jpgChapitre XI

« Des vieillards décrépits demandent à mains jointes quelques années de plus, ils se font plus jeunes qu’ils ne sont, et, se berçant de ce mensonge, ils le soutiennent aussi hardiment que s’ils pouvaient tromper le destin. Mais si quelque infirmité vient leur rappeler leur condition mortelle, ils meurent remplis d’effroi ; ils ne sortent pas de la vie, ils en sont arrachés ; ils s’écrient qu’ils ont été insensés de n’avoir point vécu. Que seulement, ils réchappent de cette maladie, comme ils vivront dans le repos ! Alors, reconnaissant la vanité de leurs efforts pour se procurer des biens dont ils ne devaient pas jouir, ils voient combien tous leurs travaux furent impuissants et stériles !

Mais pour celui qui l’a passée loin de toute affaire, combien la vie n’est-elle pas longue ? Rien n’en est sacrifié, ni prodigué à l’un et à l’autre ; rien n’en est livré à la fortune, perdu par négligence, retranché par prodigalité ; rien n’en demeure superflu. Tous ses moments sont, pour ainsi dire, placés à intérêt. Quelque courte qu’elle soit, elle est plus que suffisante ; et aussi, lorsque le dernier jour arrivera, le sage n’hésitera pas à marcher vers la mort d’un pas assuré. »

Si je veux bien croire que nous employons mal le peu de temps que nous avons (est-ce l’employer sagement que de passer une nuit à transformer l’univers en trombones ?), je ne vois pourtant pas dans les propos de Sénèque ce qui justifierait que, si nous employons mieux notre temps, la vie devient assez longue… Il est difficile de ne pas y voir un effort de rationalisation pour accepter ce qui était alors inévitable.

 

 

Réviser le bac philo en vidéo !

Avec plus de 70 vidéos sur ma chaîne, ce n’est pas forcément facile de s’y retrouver ; aussi voici un petit guide pour le candidat du bac qui voudrait réviser à partir de mes vidéos.

Pour la méthodologie tout d’abord, c’est assez simple : cette playlist rassemble deux vidéos assez courtes sur la dissertation et l’explication de texte ; puis une série de 7 vidéos qui développe très complètement l’exercice de la dissertation. Honnêtement, je ne faisais pas plus complet en cours…

Pour les notions Le sujet, La matière et l’esprit, La conscience, je recommande : cette vidéo de Science étonnante sur la conscience ; cette série de cinq vidéos qui traite le thème de façon assez classique à partir de Descartes. Toujours sur ces notions et aussi L’inconscient vous pouvez regardez cette série de vidéos : la première sur la distinction conscience d’accès / conscience phénoménale et le cas des images subliminales ; la deuxième sur les phénomènes troublants de prosopagnosie (amnésie des visages) et le délire d’illusion des sosies.

Sur les notions L’existence et le temps et Le sujet, je recommande mes vidéos sur l’identité personnelle, l’inexistence du moi, et (pour finir en beauté) la mort.

Pour les notions La culture, Le travail et la technique, La société et Les échanges, je recommande : ces deux vidéos sur Adam Smith (en particulier la première sur la veste de laine) et celle-ci sur les avantages comparatifs et les coûts d’opportunité (et vous pouvez regarder aussi celle d’Heu?reka qui développe le sujet sous un autre angle ; d’ailleurs beaucoup de vidéos d’Heu?reka peuvent être intéressante par rapport à ces notions, par exemple ces vidéos sur l’argent).

Pour les notions La politique, L’Etat et La société, vous pouvez regarder ma vidéo sur la Novlangue chez Orwell, mes deux vidéos sur le principe de Condorcet, mais aussi bien sûr la série de Lê (Science4all) sur la démocratie et la théorie des jeux !

Sur les notions La morale et Le devoir, vous aurez l’embarras du choix sur la chaîne ! Je vous recommande en premier cette vidéo sur le relativisme et le déontologisme et cette vidéo sur le conséquentialisme ; ces vidéos sur la généalogie de la morale de Nietzsche ; et les nombreuses vidéos sur l’utilitarisme, notamment ces expériences de pensée avec Lê.

Sur Le bonheur, je vous recommande de méditer sur l’expérience de pensée de la machine à expérience de Nozick.

Sur La liberté, vous pouvez regarder cette vidéo sur le déterminisme : en quoi la liberté est un superpouvoir. Et cette vidéo sur la liberté dans les jeux (notamment les jeux vidéos).

Sur les notions d’épistémologie comme La raison et le réel, La théorie et l’expérience, La démonstration, La vérité, je vous recommande ma série sur la démonstration et la connaissance (en particulier les épisodes sur le scepticisme et sur l’axiomatique). Mais aussi mon épisode sur le réalisme scientifique (que j’aimerais compléter un jour mais la première partie est déjà utile) et sur le rapport entre sciences et philosophie à partir de la réflexion de Stephen Hawking selon qui la philosophie est morte. Vous pouvez aussi vous amuser à regarder cet épisode sur Nick Bostrom et la question de savoir si nous vivons dans une simulation. Mes considérations sur le théorème de Bayes peuvent être pertinentes à développer aussi sur ces notions (et sont fortement recommandées par Lê de Science4all ^^). Enfin (mais c’est assez technique, je préviens) ma vidéo sur le paradoxe du menteur et le théorème d’indéfinissabilité de Tarski sont intéressantes pour parler de La vérité.

Sur La religion, ces deux vidéos sur le rapport entre religion et morale.

Sur La justice et le droit, vous pouvez regardez ma vidéo sur le droit à l’avortement.

Sur Le langage, hormis ma vidéo sur la Novlangue chez Orwell, il n’y a pas encore grand chose sur ma chaîne (ça va venir…).

Sur L’histoire, pas grand-chose hélas hormis ces réflexions sur la conservation à partir du cas du bateau de Thésée et du palais de Séoul Gyeongbokgung.

Sur L’art, de même, pas grand-chose encore. L’épisode PopPhi sur Black Mirror contient quelques réflexions sur le spectacle et le rapport du créateur vis-à-vis de son oeuvre. (J’ai aussi cette vidéo bizarre où il est question de poésie…)

Et voilà ! Je crois que j’ai fait à peu près le tour ! Révisez bien et j’espère que vous apprendrez et prendrez du plaisir à regarder tout ça…

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Peut-on penser intelligemment une super-intelligence | Conférence

 

 

Merci encore à Lê et à l’EPFL !

Pour vous y retrouver, j’ai ajouté ce plan (et les passages ajoutés inédits sont notés [AJOUT])

 

Début de conférence, présentation générale : 2:08

Petit détour du côté de la fiction : 3:24

Qu’est-ce que l’intelligence : 8:19

[AJOUT] Expertise et intelligence : 11:51

Représentations visuelles de l’intelligence : 14:17

(Super-)intelligence sociale : 23:43

La société est-elle un agent ? : 32:58

Parlons d’IA et de proba : 35:34

Objectifs finaux et instrumentaux : 44:18

[AJOUT] L’arbitraire des objectifs finaux dans les fictions de Greg Egan : 50:27

Apocalypse par défaut : 51:28

[AJOUT] Quelques exemples réels d’objectifs instrumentaux inattendus : 55:04

Jules Verne et Yudkowsky : 55:28

Brouillard épistémique et principe de déférence épistémique : 57:25

 

Questions :

Précautions et lois de la robotique d’Asimov [le son de cette question n’est pas très audible mais ce ne sera pas le cas des autres] : 1:02:09

Intelligence artificielle collective (réponse de Lê) : 1:04:31

Consensus et agentivité de la société : 1:06:51

Observabilité d’une super-intelligence : 1:08:09

Faut-il souhaiter une super-intelligence ? (Quel intérêt de jouer aux échecs ou d’écrire un roman si des super-intelligence peuvent faire ça mieux que nous ?) : 1:09:57

Remarques sur l’utilitarisme : 1:13:22

[AJOUT] Une IA serait-elle la continuation de l’espèce humaine ? [Je n’ai pas vraiment répondu à cette question sur le coup et je m’en explique] : 1:14:43

Fusion IA-humain : 1:15:47

La super-intelligence comme outil : 1:16:31

Annihilation spirituelle de l’humain par l’IA : 1:18:05

Les objectifs instrumentaux de notre super-intelligence sociale peuvent-ils être dangereux eux aussi ? 1:21:26

Le choix de poursuivre la recherche en IA : 1:23:35

 

La nouvelle de Greg Egan « Des raisons d’être heureux » dont je parle à 50:27

Le replay original sur la chaîne Science4All.

La liberté en jeu | PopPhi #2 (Ep.1)

 

 

Aujourd’hui, on parle de la liberté dans les jeux. Et on voit que tout est jeu, même la réalité… (Et ok, je ne parle pas beaucoup de jeux vidéo, mais je me rattraperai dans la seconde partie.)

En complément ou avant de voir celle-ci, vous pouvez revoir ma première vidéo sur la liberté.

Un excellent article, très accessible, pour introduire à la notion de liberté en philosophie : « Libre-arbitre » par Jean-Baptiste Guyon sur l’Encyclopédie philosophique

 

Détails et inscription pour la conférence à L’EPFL de Lausanne le 16 mai sur la superintelligence

 

Voilà !

Méthodologie de la DISSERTATION

 

Vous retrouverez ici ma série de vidéos sur la méthodologie de la dissertation pour le bac de philosophie. Je ne ferai sans doute pas un post différent pour chaque épisode, j’actualiserai celui-ci à mesure que les épisodes arriveront.

Dissertation #1 | L’art de faire des réponses longues et intelligentes à des questions brèves et stupides

 

 

 

 

Dissertation #2 | Peut-on…? Faut-il…? Doit-on…?

 

 

 

 

Dissertation #3 | Pourquoi ?

 

 

 

 

Dissertation #4 | 4 conseils pour l’analyse de sujet

 

 

 

 

Dissertation #5 | Le plan

 

 

 

 

Dissertation #6 | Terminons par l’intro

 

 

 

 

 

Prosopagnosie et délire des sosies | Grain de philo #15 | Cerveau, conscience et inconscient – Ep.2

 

 

Aujourd’hui, on plonge dans les mystères de la reconnaissance des visages…

 

Face Memory Test, pour évaluer votre capacité à vous souvenir et reconnaître un visage :

 

Un bel article pour en apprendre davantage sur le fameux cas de Monsieur Tan-Tan.

 

Sur les neurones obsédés par Jennifer Aniston, la vidéo d’Homo Fabulus.

 

La chaîne Dans Ton Corps a consacré une vidéo à la prosopagnosie, avec Aude GG.

 

Le phénomène de reconnaissance inconsciente chez les prosopagnosiques est généralement désigné dans la recherche par l’expression « Covert facial recognition » et vous pouvez en apprendre davantage par exemple en lisant l’article Wikipédia consacré à ce phénomène.

 

Si vous êtes curieux de lire l’article original de Joseph Capgras dont je montre des extraits (c’est très facile à lire), il est disponible ici.

 

L’article d’Ellis et Young est disponible ici.

 

Ce sympathique Ted Talk par le neurologue Vilayanur Ramachadran parle, entre autre chose, du syndrome de Capgras.

 

Voilà !

Le paradoxe du menteur et le théorème de Tarski | Argument frappant #8

Aujourd’hui, c’est le 1er avril, jour des menteurs, et du coup parlons du paradoxe du menteur ! Pourquoi dire que l’on est en train de ne pas dire la vérité pose problème…

Ce sera l’occasion de parler d’un des plus grands logiciens du 20e siècle, Alfred Tarski, et de ses travaux sur la vérité ; et aussi d’un des résultats les plus importants en logique mathématique : le théorème d’incomplétude de Gödel. Et quand on croise Tarski et le théorème d’incomplétude, on obtient le théorème d’indéfinissabilité de Tarski. Et c’est chouette, si, si.

 

Concernant le « Diagonalization lemma » (ou « diagonal lemma »)

Le « Diagonalization lemma » (je ne l’écrit pas en français car il ne semble pas qu’il soit d’usage de s’y référer ainsi, et cela pourrait créer une confusion avec l’argument de la diagonale de Cantor) est une étape cruciale dans la preuve de Gödel pour montrer en quoi son codage permet de construire des formules auto-référentielles. Vous trouverez la preuve de ce lemme sur Wikipedia ou sur la Stanford Encyclopedia of philosophy, mais la plus claire explication que j’en ai lue se trouve dans un bref papier de Richard Heck dénué de tout symbole logique ; je ne saurais trop vous en recommander la lecture si vous voulez vraiment comprendre ce lemme.

L’exposition du lemme dans ce papier est informelle (au sens où elle s’applique à un langage naturel plutôt qu’à un langage formel) mais elle n’en est pas moins parfaitement rigoureuse sur le plan logique, et cela permet de comprendre bien plus aisément ce qu’exprime ce lemme. Cela permet aussi de comprendre qu’en fin de compte ce lemme n’a rien de proprement arithmétique ; il s’applique à toute théorie satisfaisant ces deux conditions : (1) qu’il y ait dans le langage de la théorie un système permettant à des expressions du langage de référer à des formules du langage ; (2) que l’on puisse exprimer des opérations syntaxiques de substitution dans les formules de ce langage. (Dans le cas de l’arithmétique, (1) est rendu possible par le codage de Gödel et (2) par la quantification.) Le théorème de Tarski dérivant seulement de ce lemme, il est valable pour tout langage satisfaisant (1) et (2) ; donc c’est un résultat plus général que s’il valait seulement pour les systèmes formalisant l’arithmétique.