Le progrès des sciences nous condamne-t-il à l’apocalypse ?

S’il y a des boules noires dans l’urne, ce n’est qu’une question de temps avant qu’on en tire une. Et non je ne parle pas de Motus.

L’article de Nick Bostrom : « L’hypothèse monde vulnérable »

J’ajoute aussi un supplément très intéressant (et flippant) à propos du cas du trou dans la couche d’ozone, où l’on voit que là aussi c’est par pur hasard que les choses n’ont pas été bien bien pire :

« Lors des premières recherches sur le composé chimique à utiliser dans les bombes aérosols et les réfrigérateurs, les chlorofluorocarbones et les bromofluorocarbones ont été envisagés. Mais il s’est avéré que les CFC fonctionnaient mieux et ont été adoptés comme norme à ces fins. C’était plutôt une chance. Les propriétés des deux molécules en matière de destruction de l’ozone étaient totalement inconnues et insoupçonnées au moment où le choix a été fait, mais il s’avère que chaque molécule de bromofluorocarbone dans la stratosphère catalyse la destruction d’environ cinquante fois plus d’ozone que chaque molécule de chlorofluorocarbone, avant d’être elle-même éliminée. Si les bromofluorocarbones avaient été choisis, l’impact sur la couche d’ozone aurait été beaucoup plus grave ; l’appauvrissement de l’ozone à grande échelle se serait produit avant même que nous ayons compris qu’il y avait un problème. Comme le souligne Crutzen :

« Cela nous amène à la pensée cauchemardesque que si l’industrie chimique avait développé des composés organobromés à la place des CFC – ou alternativement, si la chimie du chlore s’était rapprochée de celle du brome – alors, sans aucune préparation, nous aurions été confrontés à un trou d’ozone catastrophique partout et en toutes saisons au cours des années 1970, probablement avant que les chimistes de l’atmosphère n’aient développé les connaissances nécessaires pour identifier le problème et les techniques appropriées pour les mesures critiques nécessaires. Constatant que personne n’avait réfléchi aux conséquences atmosphériques de la libération de Cl ou de Br avant 1974, je ne peux que conclure que l’humanité a été extrêmement chanceuse, que l’activation du Cl ne peut se produire que dans des circonstances très spéciales. » »

C’est tiré du livre de Toby Tyrell « On Gaia – A Critical Investigation of the Relationship between Life and Earth » p.215. Et l’extrait de Paul Crutzen vient de son discours lors de sa réception du prix Nobel.

Une réflexion au sujet de « Le progrès des sciences nous condamne-t-il à l’apocalypse ? »

  1. L’exemple du chlorofluorocarbone est hallucinant. Y a t’il d’autres exemples connus du même genre ? Y a t’il de la recherche intéressante sur la formulation d’un « bon » principe de précaution ?

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