Méthodologie de la DISSERTATION

 

Vous retrouverez ici ma série de vidéos sur la méthodologie de la dissertation pour le bac de philosophie. Je ne ferai sans doute pas un post différent pour chaque épisode, j’actualiserai celui-ci à mesure que les épisodes arriveront.

Dissertation #1 | L’art de faire des réponses longues et intelligentes à des questions brèves et stupides

 

 

 

 

Dissertation #2 | Peut-on…? Faut-il…? Doit-on…?

 

 

 

 

Dissertation #3 | Pourquoi ?

 

 

 

 

Dissertation #4 | 4 conseils pour l’analyse de sujet

 

 

 

 

Dissertation #5 | Le plan

 

 

 

 

Dissertation #6 | Terminons par l’intro

 

 

 

 

 

7 réflexions au sujet de « Méthodologie de la DISSERTATION »

  1. Ping : Monsieur Phi- De la philosophie avec un monstre vert-sur ce site voici les petits hommes verts de Mars???-varia – sourceserlande

  2. Excellentes vidéos, une raison de plus de conseiller ta chaîne à mes classes.

    Comme souvent, il y a de petites variations d’un prof à l’autre sur la méthodo.

    Les conseils de méthode de l’intro que je donne, par ex., sont un peu différents : je n’inclus pas une partie « réponse spontanée / objection », principalement pour éviter un phénomène de répétition : je trouve qu’il y a un risque de double emploi avec le plan (voire avec la conclusion lorsque les élèves récapitulent leur cheminement à la lettre dans la conclusion). L’inconvénient notoire de ma méthode est que les élèves ont du mal à faire le pont entre les définitions (sur lesquelles j’insiste davantage) et la mise en évidence de l’enjeu. Je préconise plutôt de passer par une étape « présupposés » ou « tension entre les termes du sujet » pour le faire. Mais force est de constater que ça ne marche pas toujours. Tout ça pour dire que je vais peut-être m’inspirer un peu de ta méthode (que j’ai déjà entendu défendre par d’autres collègues, et qui correspond par ex. à la problématisation des notions dans le manuel Hachette Passerelles, le meilleur que je connaisse).

    Deuxième point, concernant les exemples cette fois. Personnellement, en tant que correcteur, j’ai tendance à valoriser davantage un exemple inventif, fabriqué sur mesure avec un bon dosage des paramètres, ou un exemple « courant », mais auquel je n’aurais pas pensé, qu’un exemple canonique traité à la va vite. Je partage ton constat concernant le problème de la « culture commune », mais je me méfie de l’idée que les références « classiques » doivent être privilégiées. Je trouve que ça appauvrit la sphère sur laquelle on raisonne.

    Evidemment, quand je rencontre une référence classique à peu près maîtrisée, je la valorise, et évidemment, il n’y a peut-être rien de mieux qu’une référence classique dont non seulement le traitement en cours a été compris, et est bien restitué, mais qu’un élève arrive à rattacher de façon pertinente et précise au sujet. Mais je considère que c’est le rôle du correcteur, si la copie lui en fournit les moyens, de se documenter sur une référence qu’il ne connaîtrait pas, et que nous n’avons plus d’excuse, à l’heure d’internet, pour ne pas le faire.

    Quant aux exemples fabriqués sur mesure, il me semble que c’est exactement ce qu’on appelle des « expériences de pensée », et lorsque je travaille sur des expériences de pensée classiques en cours, j’encourage les élèves à imaginer des scénarios adéquats pour traiter des sujets (tout en leur disant qu’on ne peut pas traiter un sujet entier avec uniquement des exemples fictifs ou fabriqués). Je trouve que c’est une qualité proprement philosophique de faire varier les paramètres d’une expérience de pensée pour aboutir à des variations dans les conclusions qu’on tire (ce que tu fais de façon simplement admirable avec Le dans la vidéo sur l’hôpital de Mars, inspirées de Thomson). Et du coup, je valorise.

    Mais je trouve que c’est une autre qualité philosophique de premier plan de trouver et de formuler des situations plausibles, ordinaires, qui illustrent certains problèmes, et que ça correspond à une fonction de la philosophie dont tu parles moins, qui est une fonction d’observation, de description, consistant à découper, souligner, analyser des bouts de « réalité ». (Ca doit être mon côté littéraire… c’est la raison pour laquelle je ne suis pas aussi catégorique que toi quand tu dis que la philo n’est pas une discipline littéraire… par ex. St Exupéry est philosophe, non pas quand il joue le moraliste, dans Citadelle, mais quand il décrit et analyse la façon dont la symbiose avec l’avion reconfigure le monde de l’humain qui le pilote, dans Terre des hommes, Pilote de guerre et un peu Vol de nuit).

    Exemple philosophique : l’exemple du chocolat offert avec le café, que je mange, avant de héler le serveur pour me plaindre de ne pas l’avoir eu, pour illustrer le concept d’acte « infravétatoire » (c’est pas « mal », parce que c’est une broutille trop mesquine pour qu’on la condamne franchement, mais c’est clairement pas bien), que donne J. C. Billier dans un article sur l’infravétatoire et le subobligatoire. On dira que c’est tiré par les cheveux, mais n’est-ce pas un scénario davantage lié à notre quotidien concret que celui d’avoir à sauver un enfant tombé à l’eau, qu’on donne souvent ? Ou bien : l’exemple de la personne que je croise dans une boîte de nuit, sans faire attention à elle, parce que j’ai l’esprit occupé par quelqu’un avec qui j’ai chatté sur un site de rencontre, et que je brûle de rencontrer – alors qu’en fait le hasard fait que la personne de la boîte de nuit et celle du site de rencontres sont une seule et même personne. Exemple proposé par Federico Lauria en réponse à la question : « Peut-on désirer ce qu’on possède déjà ? » sur rts.ch (je ne partage pas exactement ses conclusions, mais c’est une autre affaire). Il m’est arrivé de proposer à des classes un concours d’exemples : trouver (DM) le meilleur exemple possible d’acte basé sur une bonne intention, mais engendrant des conséquences néfastes. Je me rappelle d’un cours où la mise en commun des exemples, l’analyse de leurs ressemblances et différences, a donné lieu à une séance vraiment réussie, stimulante, valorisante pour les élèves (parce que la matière venait d’eux. Bon, après, c’était une classe de niveau plutôt élevé). Si on s’en tient à un répertoire d’exemples autorisés, on inhibe ce rapport à l’ordinaire aussi bien qu’à la fabrique de l’exemple, et on barre la possibilité de construire un plan « bottom up », comme dirait l’autre, c’est-à-dire qui émerge d’une analyse comparée de situations (ce que Lauria précisément ne fait pas jusqu’au bout, c’est ce que je « reproche » à son analyse du sujet cité : il est plutôt en mode « il y a un cas et un seul dans lequel on peut répondre oui, et je vais vous dire lequel », plutôt que de travailler le sens du terme « posséder », ça me paraît un peu vain).

    Voilà. Est-ce que tu comprends pourquoi je me méfie de la valorisation excessive des exemples philosophiques panthéonisés ? En un mot, je trouve qu’ils renforcent le risque de faire de la philosophie de la philosophie, en vase clos, et de rigidifier les frontières entre la philosophie et les autres disciplines/discours (ethno, socio, éthologie…), déjà renforcées par la liste d’auteurs du programme, qui empêche de donner des textes d’historiens ou d’artistes au bac (comme on a eu fait fut un temps). Toute bonne matière est étrangère, etc. etc.

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    • Bien sûr qu’inventer des exemples de toute pièce est une bonne chose quand on fait de la philosophie, et pourquoi pas en cours comme tu dis, mais dans le cadre spécial d’une dissertation du bac il me semble que ça reste en général une mauvaise idée ; pour que l’exemple soit intéressant il va falloir le développer longuement, ça risque d’être laborieux, d’occuper toute une partie du développement qui manquera donc de substance, et surtout il y a de fortes chances pour que ce soit raté en fin de compte, peu compréhensible ou peu intéressant (même les bons élèves perçoivent de façon très incorrecte la qualité de leurs « idées originales »). Bref, à pertinence égale, un exemple issu de la tradition philosophique (et mon exemple du chirurgien est indirectement issu de Thomson, quand je dis « issu » ce n’est pas forcément copié tel quel) fera toujours meilleur effet qu’un exemple inventé de toute pièce (qui peut parfois donner l’impression de réinventer l’eau tiède et de manquer de connaissances philosophiques).

      Sur le fait que les références classiques sont à privilégier : honnêtement, surtout pendant des corrections de bac, si une copie sort une référence à un film ou une série que je ne connais pas, je n’irai me renseigner que si je considère que je « devrais connaître » la référence ; c’est pour ça que la notion de « classique » me semble importante. (Donc aussi bien des références à des épisodes de séries d’ado quelconques que des références à des textes obscurs d’auteurs obscurs me semblent à proscrire ; je n’irai chercher ni les unes, ni les autres, et ça n’aura du coup pas de meilleur effet que si l’exemple était complètement inventé.) Evidemment on en a marre de ne trouver que des références à Guernica dans les dissertations sur l’art, mais c’est justement parce qu’il y a bien d’autres oeuvres classiques qui permettent de parler d’engagement chez l’artiste, pas parce qu’il ne faut pas citer des classiques ; et un élève qui sortirait une référence totalement obscure et difficile à identifier serait tout aussi agaçant (sauf éventuellement s’il en tire quelque chose de très spécifique et particulièrement pertinent pour le sujet ; mais je parie que ce qu’il en tire pourrait être aussi bien tiré d’un exemple plus accessible). Bref, utiliser des exemples qui appartiennent à la culture du correcteur (ce qui ne veut pas dire qu’on y aurait spontanément pensé et qu’on ne sera pas surpris en le lisant), ça me semble être une forme de politesse et d’intelligence de la part de l’élève, comme de la part d’un interlocuteur en général.

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  3. Merci pour ta réponse et tes précisions 🙂
    C’est vrai que le contexte du bac est un peu différent et particulier : l’élève n’aura pas de retour détaillant en quoi et jusqu’où sa tentative était une bonne idée. Et le temps de correction fait que le correcteur n’aura pas forcément le temps d’aller voir une réf, même s’il a envie de le faire. Par ailleurs, c’est intéressant d’inciter les élèves à s’approprier des choses qu’ils ne connaissaient pas, plutôt que de se contenter de parler de ce qu’ils connaissaient avant de faire de la philo.
    Toutefois la quantité de sujets qui peut tomber est telle qu’il peut tout à fait arriver qu’aucune référence du cours ne permette vraiment de traiter ce qui tombe (à moins d’exiger d’un lycéen des acrobaties dont tous ne sont clairement pas capables). Et j’ai peur, dans ce cas, que l’accent mis sur les références classiques ne pousse le candidat à réciter du cours mal relié au sujet, au lieu de s’autoriser des parties sans onction auctoriale (on a tous rencontré ce genre de copie, j’imagine).

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  4. Bonsoir,

    Je voulais savoir si vos conseils de méthodologie sont aussi valable dans le cadre d’un concours ( Capes Philo) ? Et dans le cas contraire auriez vous d’autres conseils à suggérer ?

    Merci beaucoup pour votre réponse !

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    • Je pense qu’ils restent globalement pertinent, mais la forme du sujet peut être différente dans ces concours : cela peut se résumer à un seul mot plutôt qu’être une question.

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  5. Ping : Réviser le bac philo en vidéo ! | Monsieur Phi

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