Conséquentialisme – Quel est le but de la morale ? | Grain de philo #16

 

 

Pour compléter ce qui est dit au début de la vidéo concernant Kant et le mensonge, voici quelques extraits savoureux. Le premier est tiré de Benjamin Constant :

benjamin-constant.jpg « Le principe moral que dire la vérité est un devoir, s’il était pris de manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible. Nous en avons la preuve dans les conséquences directes qu’à tirées de ce dernier principe un philosophe Allemand qui va jusqu’à prétendre qu’envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu’ils poursuivent n’est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime (…).

Ce principe isolé est inapplicable. Il détruirait la société. Mais si vous le rejetez, la société n’en sera pas moins détruite, car toutes les bases de la morales seront renversées. Il faut donc chercher [un] moyen d’application (…).

Dire la vérité est un devoir. Qu’est-ce qu’un devoir ? L’idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d’un autre. Là où il n’y a pas de droit, il n’y a pas de devoirs. Dire la vérité n’est donc un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui.

Voilà, ce me semble, le principe devenu applicable. »

Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle

On peut dire que Constant donne une solution déontologique à ce problème du mensonge ; au principe que dire la vérité est un devoir, il substitue un autre principe : dire la vérité n’est un devoir qu’envers ceux qui y ont droit. Restriction commode puisque, s’il n’est pas très clair de savoir ce que signifie « avoir droit à la vérité », en tout cas chaque fois qu’il nous semblera immoral de dire la vérité on pourra s’en justifier en faisant valoir que celui à qui il faut la dire n’y a pas droit. Contorsion de philosophe, rien d’étonnant.

Ce qui est intéressant, c’est la réaction de Kant. Après avoir lu ce passage, Kant répond dans un opuscule au ton assez virulent intitulé « D’un prétendu droit de mentir par humanité », dont voici quelques extraits :

« La véracité dans les déclarations que l’on ne peut éviter est le devoir formel de l’homme envers chacun, quelque grave inconvénient qu’il en puisse résulter pour lui ou pour un autre (…). En effet, [en mentant] je fais en sorte, autant qu’il est en moi, que les déclarations ne trouvent en général aucune créance, et que par conséquent aussi tous les droits, qui sont fondés sur des contrats, s’évanouissent et perdent leur force, ce qui est une injustice faite à l’humanité en général. (…) [Le mensonge] nuit toujours à autrui : même si ce n’est pas à un autre homme, c’est à l’humanité en général, puisqu’il disqualifie la source du droit. »

Immanuel_Kant_(painted_portrait).jpg« Avez-vous arrêté par un mensonge quelqu’un qui méditait alors un meurtre, vous êtes juridiquement responsable de toutes les conséquences qui pourront en résulter ; mais êtes-vous resté dans la stricte vérité, la justice publique ne saurait s’en prendre à vous, quelles que puissent être les conséquences imprévues qui en résultent. Il est possible qu’après que vous avez loyalement répondu oui au meurtrier qui vous demandait si son ennemi était dans la maison, celui-ci en sorte inaperçu et échappe ainsi aux mains de l’assassin, de telle sorte que le crime n’ait pas lieu ; mais, si vous avez menti en disant qu’il n’était pas à la maison et qu’étant réellement sorti (à votre insu) il soit rencontré par le meurtrier, qui commette son crime sur lui, alors vous pouvez être justement accusé d’avoir causé sa mort. En effet, si vous aviez dit la vérité, comme vous la saviez, peut-être le meurtrier, en cherchant son ennemi dans la maison, eût-il été saisi par des voisins accourus à temps, et le crime n’aurait-il pas eu lieu. Celui donc qui ment, quelque généreuse que puisse être son intention, doit, même devant le tribunal civil, encourir la responsabilité de son mensonge et porter la peine des conséquences, si imprévues qu’elles puissent être. C’est que la véracité est un devoir qui doit être regardé comme la base de tous les devoirs fondés sur un contrat, et que, si l’on admet la moindre exception dans la loi de ces devoirs, on la rend chancelante et inutile.

C’est donc un ordre sacré de la raison, un ordre qui n’admet pas de condition, et qu’aucun inconvénient ne saurait restreindre, que celui qui nous prescrit d’être véridiques (loyaux) dans toutes nos déclarations. »

Kant, « D’un prétendu droit de mentir par humanité », 1797

Kant assume donc : mentir serait contraire au devoir même dans la situation des assassins imaginée par Constant. (Ceci dit, dire la vérité sans y être forcé serait sans doute jugé contraire au devoir dans cette situation ; c’est important de préciser ce point : vous n’avez pas un devoir de dire la vérité à tout le monde à tout bout de champ ; mais en tout cas, mentir n’est jamais conforme au devoir.)

L’argumentation de Kant est intéressante mais il faudrait présenter plus en détail sa théorie morale pour pouvoir l’apprécier ; j’espère que j’aurai l’occasion de le faire prochainement. Néanmoins, même sans saisir ces soubassements théoriques, il me semble que la lecture de ces passages est instructive. Ce qui me frappe particulièrement ici, c’est l’application très surprenante de la notion de responsabilité qui en découle : vous êtes, selon Kant, responsable de toutes les conséquences de votre mensonge, même si ces conséquences sont très inattendues ; tandis qu’à l’inverse, vous n’êtes aucunement responsable des conséquences même les plus prévisibles, tant que vous êtes resté dans votre devoir et avez dit la vérité quand vous ne pouviez éviter d’en faire l’aveu. (Et d’une façon encore plus surprenante, il suggère que c’est ainsi que jugerait le « tribunal civil » ; j’aimerais vraiment savoir sur quels textes de loi il se fie pour dire cela !)

Dernier extrait, le plus étonnant, où l’on voit l’étrange idée du « hasard » que se fait Kant pour se dédouaner des conséquences malheureuses qu’un refus de mentir peut entraîner…

« M. Benjamin Constant, ou, pour parler comme lui, « le philosophe français », a confondu l’acte par lequel quelqu’un nuit (nocet) à un autre, en disant la vérité dont il ne peut éviter l’aveu, avec celui par lequel il commet une injustice à son égard (lædit). Ce n’est que par l’effet du hasard (casus) que la véracité de la déclaration a pu être nuisible à celui qui s’était réfugié dans la maison ; ce n’est pas l’effet d’un acte volontaire (dans le sens juridique). En effet, nous attribuer le droit d’exiger d’un autre qu’il mente à notre profit, ce serait une prétention contraire à toute légalité. Ce n’est pas seulement le droit de tout homme, c’est aussi son devoir le plus strict de dire la vérité dans les déclarations qu’il ne peut éviter, quand même elles devraient nuire à lui ou à d’autres. À proprement parler, il n’est donc pas lui-même l’auteur du dommage éprouvé par celui qui souffre par suite de sa conduite, mais c’est le hasard qui en est la cause. Il n’est pas du tout libre en cela de choisir, puisque la véracité (lorsqu’il est une fois forcé de parler) est un devoir absolu. »

Kant, « D’un prétendu droit de mentir par humanité », 1797

Ainsi, pour Kant, si un malheur suit de votre action conforme au devoir, quand bien même ce malheur était parfaitement prévisible, ce n’est pas vous qui l’avez causé, ce sont les circonstances, le hasard…

Bon. Je présente vraiment la face la moins reluisante de Kant, je le sais bien. J’espère pouvoir rendre un peu plus justice à la morale kantienne une autre fois, car elle repose sur beaucoup d’idées brillantes, tout de même !

 

6 réflexions au sujet de « Conséquentialisme – Quel est le but de la morale ? | Grain de philo #16 »

  1. Bonjour Monsieur Phi !

    Merci énormément pour ces deux vidéos, « tu as du bien souffrir qu’en tu t’es roulé dessus, j’espère que le vélo va bien ».

    Je pense que si on est partisant de « la conscience universelle », la position la plus morale est celle d’agir pour le maximum de bonheur pour le maximum de personne et ceux là dans le but de souffrir « l’instant présent » le moins possible.

    Est-ce une forme de conséquentialisme ?

    Pour comprendre la conscience universelle et mon raisonnement, voici le cheminement de pensée :

    La conscience universelle est l’idée qu’il n’existe qu’une seule conscience pour tous et que c’est un « état » « capté » plutôt que « produit » par le cerveau.

    Je comprends parfaitement que la position qui semble la plus sage pour le plus grand nombre est celle de la conscience produite par le cerveau. C’est ce qui semble le plus naturelle. Mais cette position est culturelle. Je n’en suis pas la preuve absolue certe, mais j’en suis un bon contre exemple.

    Pour introduire la conscience universelle comme une croyance tout aussi valide que celle en la conscience produite (les effets de la consciences sont mesurables et reproductibles mais la conscience elle même n’est pas scientifiquement démontrable, à ce titre la « conscience » n’est pas scientifiquement prouvée. Notre seule preuve (non scientifique d’ailleurs) est que nous sommes nous-même conscient. En ce qui concerne le fait que les autres soient conscient, c’est une hypothèses hautement probable, mais pas un fait).

    Pour donner plus de crédit à la conscience universelle ont peut se posser la question suivante :

    Quelles expériences / observations mesurables et reproductibles permettent de trancher entre ces deux hypothèses :
    – « la production de conscience » serait « le résultat spectaculaire d’une biologie particulièrement complexe »,
    – « la captation de conscience » serait « le résultat spectaculaire d’une biologie particulièrement complexe ».

    Aucune à ma connaissance.

    On pourrait dire que dans le cas de la conscience produite, elle est déjà là. Alors que dans le cas de la conscience universelle, on invente quelque chose pour expliquer la conscience. Or, cela est faux, ce qui est amené avec la conscience universelle n’explique pas la conscience, c’« est la conscience ». Au même titre que ce que génère le cerveau dans l’idée communément admise, « est la conscience ».

    Il me semble, jusqu’à preuve du contraire, que partir sur une position plutôt qu’une autre est juste une affaire de croyance. On est culturellement bien « armé » pour envigager qu’il ne doit y avoir qu’un leader (par exemple nos organisations hierarchiques, nos croyance en un seul cerveau [il y en a actuellement 3], etc.) et que donc, il est plus naturelle de pencher pour la conscience produite et attitrée pour suivre le Rasoir d’Ockham. De mon côté, ma société fonctionne en holacratie (gouvernance partagée, autoritée distribuée (pas « de chef »)) et je développe de plus en plus d’applications qui vont taper dans le Cloud. Il est donc assez naturelle avec « ma vision du monde » de pencher pour la conscience captée en suivant le Rasoir d’Ockham.

    Pour ce convaincre que cette idée est un aussi bon candidat que la conscience générée et qu’elle n’est qu’une affaire de préférence/habitude culturelle, imaginons d’autres alternatives. Il pourrait y avoir bien d’autres croyances situant la conscience dans le cœur ou dans le ventre puisque nous avons 3 cerveaux. Comme nos yeux, nos oreilles, notre nez et notre bouche sont sur la tête, il est plus commode de la situer dans la tête. On aurait encore là quelque chose qui ne pourrait être expérimenté ? Oui et non. Un protocol qui consisterait à déconnecter la tête du reste du corps et de s’assurer que la personne est toujours consciente pourrait écarter cette hypothèse. Cependant, on ne pourrait pas (scientifiquement) le savoir car rien nous prouve que dès lors, la personne arrête d’être consciente et ne soit plus qu’un zombi (d’un point de vu conscience). Donc tous les tétraplégiques savent (pour peu qu’ils soient conscient, qu’ils sont conscient). Une manière absolue (non scientifique) de le savoir serait de soit même se mettre dans cet état. Bof.

    Tout cela pour dire que situer la conscience n’est pas scientifiquement démontrable, et que la conscience pourrait tout aussi bien être produite que générée, et null part que dans mon genou droit (seul quelqu’un conscient et n’ayant plus de genoux droit peu donc savoir qu’elle n’est pas là).

    Et la morale dans tout ça ?

    À titre personnel, pourquoi je préfère cette vision plutôt que l’autre ? Fondamentalement, l’idée de « conscientiser » dans tous les organismes (amas de cellules) pouvant être conscient et de me dire que c’est « moi » qui expérimente « vivre » à travers elles, qui vit dans mon chat par exemple (quand je dis « moi », je parle de la conscience universelle) me permet de supporter l’idée qu’un jour je vais mourir. De ma position, ce qui fait que je suis moi (la connexion entre mes neurones, et l’activité électrique qui la parcour) cessera d’exister quand je serai mort. À ce titre, je me demande si le moi d’il y a dix ans, est vraiment le moi de maintenant (pas les mêmes connexions, pas le même schéma électrique et pas la même « manière » de penser donc) ? À ce titre toujours, la conscience universelle annimée par mon cerveau en l’état ne me procurre pas la même expérience de « vivre » que celle d’il y a 10 ans. Mais ma mémoire en fait le lien et me donne l’illusion d’être toujours moi. À contrario, cette même conscience universelle dans votre tête Monsieur Phi ou dans celle de mon chat procure également une toute autre expérience de « vivre ». Là, il n’y a aucun lien en terme de mémoire et comportement puisqu’on à affaire à des CPUs/Disques Durs (pour parler un peu IT) différents avec des algos de traitement des données différent (pas le même shéma neuronale donc). Et j’ai de bonne raison de croire que le monstre vert n’est pas conscient, qu’il ne capte pas la conscience universelle (mais cela n’est pas scientifiquement démontrable non plus, comme l’existance des licornes arc-en-ciel remarquez).

    Oui ? Mais, et la morale dans tout ça ?

    Voici l’idée : si je fais du mal à mon prochain, je me fais du mal quand « je/nous » était/étions/serai/serons/suis/sommes entrain d’expérimenter le « vivre ». J’ai tout intéret à faire attention à tout ce qui est capable de « conscientiser » et resentir la souffrance dans « mon/notre » propre intéret et de maximiser le bonheur. On pourrait se dire que, puisqu’on s’en souvient jamais, OSEF. Mais qu’est ce qui est le plus important, le souvenir (« le cerveau »), ou l’instant présent (« la conscience universelle »). Puisque je vais mourir et que le souvenir est éphémère et l’instant présent éternel (pour peu que les amas de matière prenant conscience puisse répéter ce cycle éternellement), il est plus sage en prenant ce parti de maximiser le bonheur de l’instant présent pour le maximum de monde. Un acte moralement bon est donc quelque chose allant dans ce sens.

    Et pour finir, pour les gens qui sont déjà levés dans le fond en disant que c’est pas prouvé, que ce n’est pas vrai, que ce commentaire est n’importe quoi. Que c’est un mensonge !
    – 1. Je vous dirais que « vous n’avez pas le droit à la vérité.
    – 2. Je n’ai jamais dit que j’avais raison, je dis que c’est l’hypothèse (non scientifique) en laquelle j’ai décidé de croire jusqu’à preuve de la conscience produite. Mais je ne vois pas réellement comment cela puisse être prouvé.

    Sources :
    – Conscience universelle : https://www.linkedin.com/pulse/la-conscience-universelle-bruno-lesieur/
    – Les 3 cerveaux (tête, coeur, vicères) : http://www.axiopole.info/2014/07/12/trois-cerveaux/

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  2. Bonjour Mr Phi et merci pour les vidéos qui sont excellentes ! Je m’intéresse vivement aux fondements de la connaissance et à ceux de la morale donc vos vidéos tombent à pic, un vrai bonheur.

    Concernant le raisonnement de Kant, décrit ci-dessus, le passage « que l’on ne peut éviter » au début de la première citation et de la seconde me semble primordiaux. Dans la situation imaginée par Benjamin Constant, on peut toujours choisir de ne pas répondre à la question de l’assassin en puissance (et même lui affirmer qu’on ne souhaite pas répondre ce qui n’est pas mentir). Ainsi même dans la torture, jusque dans la mort, quelqu’un qui refuserait de répondre n’aurait jamais rien fait de mal et ce absolument. J’ai même du mal à imaginer la contrainte ultime qui obligerait absolument à devoir répondre. Sauf peut-être les « sérums de vérité » mais dans ce cas, le moteur logique de l’esprit défaille et avec lui la responsabilité morale du sujet. Du coup (question naïve je présume), la morale Kantienne tiendrait la route ?

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    • Mais ne pas répondre peut être une forme d’aveu. Admettons que si l’on ne répond pas, les assassins vont fouiller la maisons, tandis que si l’on ment on peut les envoyer sur une fausse piste et sauver notre ami. La morale kantienne nous imposerait de nous taire et donc de causer la mort de notre ami qui aurait pu être évitée pourtant. Il semble bien qu’il y ait des situations dans lesquelles non seulement dire la vérité est immoral, mais se taire aussi, et où c’est seulement le mensonge qui serait moral.

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      • L’utilitarisme me semble être la seule morale humaniste possible. Mais il est souvent très difficile de déterminer la solution la plus utile à l’humanité. D’où un certain relativisme. Je ne vois pas sur quoi peut se fonder la morale des impératifs absolus, sinon sur des impératifs divins (morale théologique). Mais ce sont toujours des êtres humains qui prétendent les imposer aux humains.

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      • L’utilitarisme ne peut en aucun cas constituer une morale suffisante.
        C’est facile d’être heureux. Être heureux, c’est à la portée de n’importe quel crétin, ce qui est plus compliqué, et un bien plus louable, c’est d’en être digne.
        Imaginons un jardin d’Éden remplit de crétins en train de baver dans le vide: est-ce ça, l’ultime but de l’utilitarisme?

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      • Merci pour votre réponse MrPhi. Elle a été tellement rapide (comme celle de luestan) que je n’ai été notifié par mail que suite au commentaire de nihili.

        C’est vrai qu’intuitivement mentir semble « plus moral » que se taire dans cette situation ou plus précisément, semble être l’action à réaliser donnant la plus grande probabilité possible d’arriver à une issue qu’on considère parmi les moins mauvaise (un mensonge mais pas de meurtre).

        Une des dimensions importantes de nos raisonnements moraux semble donc être lié à notre capacité à estimer les conséquences de nos actions sur les probabilités des différentes issues des situations dont nous sommes acteurs.

        Les intentions de Kant semblent moralement bonnes mais les conséquences probables du comportement qu’il promeut sont plutôt mauvaises, ce qui parait intuitivement critiquable moralement parlant (une issue mauvaise est quasi certaine, autant favoriser un moindre mal).

        Du coup, en plus de juger les acteurs sur la base de leurs intentions (càd sur la base de leur classement moral des issues possibles) comme expliqué dans la vidéo, cela n’est-il pas pertinent de les juger aussi sur la base de leur capacité à estimer, dans la situation donnée, les probabilités de chaque issue, compte tenu entre autres, de l’effet estimé des actions qu’ils peuvent faire ?

        Et, même si la morale Kantienne semble intenable, mentir ici ne semble pas contradictoire avec le fait de considérer que mentir est un mal dans l’absolu. On peu simplement le voir comme un moindre mal par rapport au meurtre. Une partie du déontologisme au moins (attribuer une valeur morale dans l’absolu à certaines actions) ne serait-elle donc pas compatible avec le conséquentialisme qui n’attribue, comme expliqué dans la vidéo, qu’une valeur morale dans l’absolu à des situations et prête donc le flanc aux critiques des déontologistes raillant le fait de considérer que mentir peut être vu comme une bonne action ?

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